Osez vos émotions – partie 2

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Photo_osez_vos_emotionsJ’adore me préparer à faire quelque chose pour la première fois. Me faire une idée de ce que ça va être, me préparer mentalement, imaginer les lieux, les gens qui vont y être, l’ambiance qui va y régner, me projeter là-dedans… et être complètement dans le champ!

J’adore être totalement dépaysée, à mille kilomètres de ma zone de confort et vivre une chose de manière tout à fait inattendue.

Pas vous ?

C’est ce qui m’est arrivé la fin de semaine dernière, alors que je vivais ma première fin de semaine « Osez vos émotions» à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Ce n’est pas à mille kilomètres me direz-vous, mais la zone de confort se trouvait quand même à une distance considérable.

Et ce qui m’a le plus déstabilisée, c’est la force du groupe dont je vous ai parlé dans mon dernier article. Cette force du groupe m’avait été vantée, telle une alliée indispensable, mais j’avoue n’avoir eu aucune idée de son ampleur et de son importance avant ma fin de semaine. Bon, on sait que ça va plus vite faire du ménage en groupe, mais comme je suis de ceux qui préfèrent laver leur linge sale en catimini plutôt qu’en famille, je redoutais quelque peu ce que je croyais être un épandage collectif d’émotions sans retenue.

Je m’imaginais dans une espèce de brèche spatio-temporelle où il est permis – et fortement recommandé d’ailleurs – de laisser sortir ces larmes qu’on retient trop souvent à coup de paupières qui battent et de yeux levés au ciel, et cette colère qu’on entasse au fond de soi-même tel un tas de feuilles mortes dans un immense sac à poubelle orange. Et Dieu sait qu’il en rentre des feuilles avant que le sac ne soit plein ! On dirait qu’elles peuvent s’y accumuler à l’infini… Probablement comme notre colère.

Un bon ménage printanier

Moi qui pensais simplement profiter de cette sortie à l’hôtel – la première depuis la naissance de mon garçon ! – pour pleurer un bon coup et pour laisser sortir quelques gros mots accumulés dans mon sac à poubelle au fil des ans. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que j’y ai laissé beaucoup plus que ça.

J’en ai laissé des vidanges à l’hôtel de Ste-Adèle !

Si j’ai trouvé des chapeaux et des dictionnaires lorsque j’ai ouvert les murs de ma maison (pour ceux qui ne voient pas le rapport, c’est que j’en ai parlé dans la partie 1), je peux vous dire que j’ai trouvé des choses encore plus surprenantes dans mes murs à moi ! Je vais me garder une petite gêne, puisque comme dirait mon frère quand il raconte une anecdote qui récolte moins de succès que prévu : « Fallait être là ! » Mais comme je vous avais promis authenticité et transparence, je peux vous dire que le ménage a permis d’évacuer des émotions loin d’être banales…

De la honte reliée à un événement que je porte lourdement depuis plus de trente ans, à une immense tristesse vécue par ma mère et imprégnée dans mes gènes. De la dévalorisation ressentie après des échecs amoureux, à la peur de perdre ma fille suite à ma séparation. J’ai sorti tout ça de moi, et bien plus, j’ai mis tout ça dans les gros sacs orange et j’ai laissé le personnel de l’hôtel en disposer.

Puis j’ai dormi pendant une semaine… Non ! Ça, c’est ce que j’aurais voulu faire. Mais je ne l’ai pas fait, si ce n’est que de me coucher en même temps que mon plus jeune toute la semaine qui a suivi.

Des effets qui se font sentir

Il a besoin d’énergie le corps pour reprogrammer tout ça. Et je ne vous mens pas – parce que je ne mens jamais, excepté à mon chum, sur le prix que j’ai payé mes vêtements quand je reviens de magasiner – j’ai senti les effets bénéfiques de ce ménage dans les jours qui ont suivi l’atelier. J’ai pu constater des changements concrets dans ma vie pas plus tard qu’une ou deux journées plus tard.

Et lors de la fin de semaine, j’ai aussi pu observer des changements chez les autres personnes du groupe (qui, en passant, étaient toutes extraordinaires… Je ne suis pas tombée sur ce groupe par hasard. Chacun de ses membres avait probablement quelque chose à m’apporter, et j’espère que ce fut l’inverse aussi.) J’ai donc vu certaines d’entre elles se transformer littéralement sous mes yeux au cours d’une simple fin de semaine. J’en ai entendu se libérer de secrets si lourds que leur corps devait en être rempli… Elles devaient avoir de la difficulté à sortir du lit le matin. Et pour d’autres, c’est à se demander si la personne qui est arrivée le vendredi matin et celle qui est partie le dimanche soir, c’est la même, tellement le changement a été grand.

Je comprends maintenant mieux la force du groupe dont on me parlait. Cette force n’est pas pratique seulement pour laver les murs ou les fenêtres, elle l’est également pour nous aider à sortir nos vidanges. Et je comprends mieux aussi la pertinence des consultations de groupe qui, je l’avoue, m’échappait un peu jusqu’ici. Si j’étais capable de figurer que les questions des autres pouvaient nous servir et qu’il était possible de régler des aspects de notre vie sans poser nous-mêmes de questions, je n’avais pas saisi toute la puissance qui repose sur l’empathie du groupe, ni la libération générée par le fait de parler et donc, de ne plus porter seul cette lourde chose qui nous empoisonne la vie (parfois sans qu’on le sache…)

Et vous savez quoi ? Il paraît qu’il faut toujours célébrer quand on vit des réussites personnelles comme celles que j’ai vécues suite à ma fin de semaine. Je vais donc ouvrir cette la bouteille de vin que j’avais amenée dans ma chambre d’hôtel, et que j’ai été trop fatiguée pour ouvrir…

Cheers !

 

Mélanie Marion

Rédactrice

 

*Crédit photo : le gentil monsieur qui ramassait nos sacs à vidange et qui a accepté avec un grand sourire de nous prendre tous en photo à la fin de l’atelier.

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